Mamitori Ulithi Empress Yonaguni San – 25/12/2013

14,00 

Mamitori sublime au final une twee pop malmenée à son insu par la no wave, et dont le moindre accord donne l’impression d’être joué à vide. On croirait entendre tour à tour My Bloody Valentine pilonné par les Shaggs, les Pastels malmenés par Mars ou Pere Ubu tirant dans les pattes des Swell Maps. Trente cinq ans après No New York, serait-il en train d’émerger un No Tokyo? Ce live inédit et au public fantomatique donne en tout cas un aperçu de l’étrangeté insondable de cet ensemble japonais. « Ces six morceaux parlent au mysticisme d’un autre ensemble Japonais dont la réputation est aussi grande que la production, Les Rallizes Denudes, mais là où ce groupe se construit sur de longs morceaux, Mamitori (abbreviation autorisée) se confinent surtout aux efforts de 4-5 minutes, établissant rapidement mélodie et rythme, ajoutant leurs couleurs débridées par dessus. » (Still Single)

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Description

Dans la lignée des sorties les plus free de son catalogue (Sky Needle, La Ligne Claire, Minitel), Bruit Direct Disques présente « 25/12/2013 » album Live du groupe japonais 真美鳥 Ulithi Empress Yonaguni San qu’on autorisera toutefois à appeler Mamitori. Comme souvent chez les groupes de rock nippons, les mots semblent avoir été assemblés en fonction de leur consonance exotique. « Mamitori » est l’épithète qui désigne un oiseau particulièrement chatoyant ; Yonaguni fait référence à un papillon de nuit géant désigné ici comme l’impératrice d’un atoll de Micronésie (Ulithi). Bref, tout laisse songer qu’on a affaire à de joyeux weirdos, tombés dès l’âge tendre dans une marmite de potion magique. Ou tout simplement que le Japon reste une terre de mystère pour nous et vice versa.
D’après leur guitariste Tadasuke Iwanaga (parmi les trois que compte le groupe), les membres de Mamitori seraient éparpillés aux quatre coins du Japon (Tokyo, Osaka, Nagano, Kanagawa, Saga), se consacreraient chacun à la peinture et se seraient rencontrés en école d’art. C’est à force de se croiser dans les mêmes galeries et aux concerts donnés dans des live house que le groupe aurait vu le jour. Farouchement DIY et autonomes, Mamitori n’a sorti jusqu’à présent qu’un seul private pressing édité à une poignée d’exemplaires, tandis que leur lead guitariste Aritomo édite foison de disques acid-folk auto-produits dont il prend soin de réaliser chaque pochette à la main. L’album »1 2 3 Fairy Tail Chimidoro Phenomenon Satan Inferno Dress Ha Cattlemurarete Yggdrasill HaWa Sasaru » est immédiatement remarqué par David Keenan qui le compare à “Isn’t Anything revu et corrigé par Idiot O’Clock ou aux premiers singles Rough Trade revisités par Jutok Kaneko & Reiko Kudo”.
Les six morceaux présentés ici (tirés de 123) sont enregistrés en public et reproduits tels quels, silences et accordages inclus, à la requête des intéressés. Guitares tour à tour écorchées vives, triturées à contretemps ou jouées au rabot, voix fluette aussi enjouée qu’exténuée, trompette du dernier souffle, section rythmique sautillante qui offre un squelette de rigueur: le psych-rock est ici réduit en charpie, tronc décharné dont on ne distingue plus que la colonne vertébrale – de traviole, forcément. Mamitori marche dans les traces des grands ancêtres avant-rock des 70s (Hendrix, Velvet, Captain Beefheart, Henry Cow, Can, Red Krayola… ), sauf que c’est un drôle de désordre post-punk que crache ses amplis.
L’accident est roi chez Mamitori et son free-rock psychotique bardé de guitares en open tuning procure parfois le sentiment d’écouter un shred: boîteuse et déphasée, constamment jouée à côté, sa musique est à la fois d’une limpidité absolue et illisible comme un gribouillis recouvrant un paysage léché. Rien n’est jamais en place, tout flanche et s’effiloche, édifice atonal qui menace à chaque instant de devenir mélodieux.
Mamitori sublime au final une twee pop malmenée à son insu par la no wave, et dont le moindre accord donne l’impression d’être joué à vide. On croirait entendre tour à tour My Bloody Valentine pilonné par les Shaggs, les Pastels malmenés par Mars ou Pere Ubu tirant dans les pattes des Swell Maps. Trente cinq ans après No New York, serait-il en train d’émerger un No Tokyo? Ce live inédit et au public fantomatique donne en tout cas un aperçu de l’étrangeté insondable de cet ensemble japonais qui cite comme influence le groupe l’Arc~en~Ciel, superstars de l’alt-J rock, ajoutant ainsi à notre perplexité jubilatoire. Mamitori vous fera chantonner des airs que vous n’aurez pas eu l’impression d’avoir entendu.

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