Klimperei & Eric Chabert sing John B Cornaway – Dealings

14,00 

NOUVEAU
Ivor Cutler rencontre Brian Eno sur Dealings, une adaptation de poemes de John B Cornaway, dérangés et tordus en petites vignettes aigre-douces sur fond de post punk par Klimperei et Eric Chabert.
Image de pochette par Emmanuelle Pidoux.

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Description

La toy music pataphysique de Klimperei, projet collectif mené par le lyonnais Christophe Petchanatz depuis 1985, fait beaucoup avec de tout petits riens – jouets démantibulés, orgues aux tuyaux éventrés, crin-crin de guitares désaccordées, balai qui perd les pédales. Auteur de plus d’une cinquantaine de disques et cassettes, disséminés sur des dizaines de labels du monde entier, Klimperei recrée un monde à l’intérieur du monde, où les boîtes à musique de l’enfance se seraient transformées en un carousel pour adultes, où les valses se seraient muées en chansons d’ivrogne progressives, où le postpunk revisite une musique de chambre low-fi. Un art de la modestie et de la discrétion qui n’empêche en aucun cas l’audace ni l’ambition, mais une ambition maintenue en marge des circuits commerciaux. Nino Rota ou Erik Satie ont souvent été évoqués à son endroit, on pourrait aussi lui trouver des liens de parenté avec d’autres inclassables comme Chris Knox, Pierre Bastien, Ghedalia Tazartes ou Pascal Comelade.

Chantées en anglais par Eric Chabert, initiateur du label Underground Productions et tristement décédé juste avant la sortie du disque, les titres de Dealings sont des adaptations de poèmes de John B Cornaway (1957-1994), auteur d’Héligoland, qui publia les premiers textes de Petchanatz alors que Chabert sortait les premières cassettes de son groupe Los Paranos et de Klimperei. « Trente ans plus tard, réunir comme par accident ces deux compagnons de route, c’est une sorte de fiction étrange, concède Petchanatz. Les textes de John B., je ne me souviens plus si c’est moi qui les ai sollicités ou si c’est lui qui me les a soumis. La voix, le chant d’Éric, déjà côtoyés avecTotentanz (1987) et Dents (2005/2006), et cette façon que nous avons eue de passer nos après-midi, à faire de la musique plutôt que ruminer de conserve sur la maladie d’Éric. Tout se tient. »

Sur la voix éraillée de Chabert, manifestant encore toute sa vigueur, Klimperei déballe son bric à brac de fortune, convoquant melodica, banjo et metallophone. Enfantines sans infantilisme, ces « petites pièces indélicates » montrent parfois les dents, mais la morsure n’est jamais violente. On y verse des larmes de crocodile sur des vieux jouets regrettés et on s’y livre des batailles de polochon sonores, le temps que passent les nuages gris, de ceux qui encombrent parfois toute une vie. Cantate de cabaret patraque (Cup of Tea), Canterbury School à la bonne franquette (Spoil), valse punk sous un soleil triste (Hard), free-blues acoustique (Solution, Wear On) ou krautrock détraqué (Soon). Poussières d’esprit dans une bouche d’orage, distributeur de bonbons noirs, « broken bottle et verre brisé ». Les sanglots qui secouent la glotte sont aussitôt réprimés. Car, oui, malgré tout, il fait bon vivre chez Klimperei. Et le vent, nous dit Cornaway, ne meurt jamais.

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